ADFE Hessen e. V.
Association Démocratique des Français à l'Etranger
Accueil Retour

Mosaique nr.97 - juin/Juillet/août 2002 - pages 16

ANNE CAZIER

UNE AMBASSADRICE DE LA CHANSON FRANÇAISE A FRANCFORT

Anne Cazier, quand avez-vous découvert votre passion peur la chanson ?

Je chante depuis que je suis enfant. Mes parents étaient dans la chorale "A choeur joie". J'ai moi-même fait partie de la chorale enfants, puis de la chorale ados. Je suis aussi allée au Conservatoire de Musique dans le Pas-de-Calais, mon département d'origine. Je suis donc née dans la chanson. Mon père était acteur au Théâtre Populaire du Nord, à Lille. Il écrivait des chansons et les interprétait.

Rêviez vous d«à de devenir chanteuse vous aussi ?

Oui, comme beaucoup d'enfants, je voulais être chanteuse, danseuse et comédienne. Par la suite, j'ai oublié cela, c'était un rêve. Il y a eu ensuite l'urgence de gagner ma vie. Très jeune, j'ai voulu être indépendante de ma famille, car je n'avais pas la liberté dont j'avais besoin. J'ai commencé à travailler à l'âge de seize ans, puis, à vingt-et-un ans je me suis retrouvée au chômage. J'ai alors décidé que mon prochain métier serait dans le théâtre. Je suis entrée dans une compagnie à Lille. J'ai eu de la chance, j'ai été intermittente du spectacle très vite. J'ai aussi donné des cours de théâtre dans les écoles, en tant qu'intervenant extérieur. C'est une expérience que j'aimerais bien renouveler avec le Lycée Victor Hugo d'ailleurs. Parallèlement , j'ai toujours pris des cours de chant, j'ai travaillé plusieurs styles musicaux, du classique à la chanson, en Passant par le jazz.

Comment vivez-vous votre métier Allemagne ?

C'est plus difficile qu'en France. Il faut dire qu'on trois ans, j'ai eu deux enfants, j'ai monté deux concerts, cela fait beaucoup de choses ! Je donne en ce moment un concert par mois, pour des associations, des théâtres, des soirées privées, des fêtes françaises dans les entreprises. J'ai un répertoire de chansons réalistes, ainsi qu'un répertoire Claude Nougaro et Serge Gainsbourg. La culture française est très appréciée des Allemands.

Avez-vous envie de rentrer en France ?

A vrai dire, cela m'est égal. C'est mon compagnon, qui est allemand, qui rêve d'aller vivre en France. J'aime bien l'Allemagne, j'y trouve une solitude qui m'est nécessaire pour mon travail. J'aime bien être en France aussi, parce que c'est ma langue, mon énergie, ma culture. Dans ma vie personnelle, je suis très contente d'être avec un Allemand, la différence des cultures est un enrichissement de tous les jours, pour les enfants en particulier. Je tiens vraiment à garder un pied en Allemagne et un pied en France.

Quels sont vos projets immédiats ?

Je voudrais construire un autre concert pour 2003, dont la première se fera certainement au Théâtre International. D'autre part, j'aimerais monter un Atelier Théâtre pour adultes, avec des Français, et aussi avec des Allemands.

Quel est le moteur de votre activité artistique ?

Je ne suis pas facilement satisfaite de mon travail. Je ne suis pas à la recherche d'une perfection, mais de quelque chose de profond et personnel. Je tente de laisser les mots et les chansons que j'interprète me traverser pour les ressortir avec mes imperfections, en respectant les résonnances produites.

Je cherche, je creuse, j'ouvre, j'écoute afin que l'émotion ozusse puisse passer dans la chanson.

 Propos recueillis par Béatrice Bonhomme.